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La Marseillaise

 

Exposé de Monsieur Bernard TOUDIC dans la cardre de la commémoration de l'Armistice du 11 novembre, en 2013

 
Vous avez tous entendu la sonnerie de la Marseillaise, pour honorer le souvenir militaire du passé et, signifier la grandeur de la France. Ce chant de la Marseillaise impose le respect à tous ceux vivant dans notre nation, en toutes circonstances de la vie civile, politique ou militaire.
 

Permettez un instant d'Histoire de France pour rappeler l'historique de ce chant national, sachant que la Révolution Française en aura été le creuset.


Sous la pression de l'Assemblée législative 1791 – 1792, essayant de fonctionner avec la Monarchie constitutionnelle, le Roi des Français Louis XVI céda le 20 avril 1792, et déclara la guerre à l'Empereur d'Autriche, persuadé qu'il était, que la France serait vaincue et que cette défaite lui permettrait de retrouver son trône.

A ces moments, le Capitaine du Génie Claude Joseph ROUGET DE LISLE était en garnison au Fort Blanc à Strasbourg, et servait dans un Bataillon du nom de « Les Enfants de la Patrie ».
En ces temps, les bataillons avaient un nom, différent de nos jours, où c'est généralement un numéro suivi du nom de l'unité militaire concernée.
 

La France était donc en guerre avec l'Autriche et la Prusse.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, le maire de la ville de Strasbourg, le Baron de Dietrich organisa une fête patriotique, à laquelle participa ROUGET DE LISLE, poète et violoniste amateur. Il était localement connu pour son Hymne à la Liberté. Durant cette soirée, le maire et les généraux de l'Armée du Rhin lui demandèrent de composer un chant de guerre, pour encourager les troupes.

Lors de la nuit qui s'ensuivit, ROUGET DE LISLE rédigea un hymne intitulé : « Chant de Guerre pour l'Armée du Rhin » Il écrivit six couplets et composa une musique sur son violon. L'actuel septième couplet, appelé le « couplet des enfants » fut ajouté par la suite et demeure d'auteurs incertains.

Pour écrire son chant ROUGET DE LISLE s'était inspiré d'une affiche des « Amis de la Constitution » diffusée dans Strasbourg le 25 avril 1792, et dont le thème était : « Aux Armes Citoyens, l'étendard de la guerre est déployé ».

Le lendemain, le capitaine ROUGET DE LISLE faisait écouter aux généraux présents à la réception de la veille, son chant de guerre avec un accompagnement au clavecin.

 

Notons que ROUGET DE LISLE est un officier et que son chant est un commandement :

« Aux armes citoyens » « formez vos bataillons » et, initialement « marchez » devenu ultérieurement « marchons ».
La seule énigme qui demeure : « le sang impur ». Vraisemblablement, il s'agit du sang du peuple par opposition au sang bleu de la noblesse, le sang pur. Par hypothèse, on pourrait dire « que le sacrifice des nôtre, ouvre la voie à la victoire ».
Cet hymne se répandit dans les réunions d'officiers de la garnison, et le 29 avril 1792, ce chant de guerre était interprété publiquement sur la Place d'Armes à Strasbourg par la Musique de la Garde Nationale devant huit bataillons.

Puis, le chant sera repris dans d'autres garnisons Lyon, Montpellier et dans toute la France.

 Ce chant de guerre de l'Armée du Rhin arriva jusqu'au sud de la France, où il fut chanté à Marseille, le 22 juin 1792. Au cours d'un banquet, le Docteur François Mireur, futur général des armées d'Italie et d'Egypte, venu de Montpellier pour rejoindre les fédérés de Marseille en partance pour Paris, monta sur une table et chanta l'Hymne de l'Armée du Rhin.

Air accueilli avec enthousiasme et le lendemain les journaux marseillais publièrent paroles et musique, sous le titre de : « Chant de guerre des armées aux frontières ».

Après maintes péripéties, sous la conduite de Danton, les fédérés marseillais participèrent à l'insurrection du Palais des Tuileries à Paris, le 10 août 1792, en chantant ce chant de guerre révolutionnaire.

Ce chant civique ayant contribué au succès de la Révolution, connu sous le nom de : « Marche des Marseillais » fut décrété hymne national par la Convention du 26 Messidor, An III, c'est à dire, le 14 juillet 1795, pour être ensuite appelé « la Marseillaise » par les parisiens.

Ce chant fut proscrit sous les régimes autoritaires du Premier Empire 1804-1814, et de la Restauration 1814-1830, à cause du symbole révolutionnaire, alors remplacé par « le Chant du Départ » Il fut remis en valeur lors des Trois Glorieuses, les 27, 28 et 29 juillet 1830.

En 1870, la Marseillaise fut reprise par le peuple, ainsi que durant la guerre de 1914 – 1918. Interdite sous l'Occupation allemande durant la Seconde Guerre Mondiale 1940 et remplacée par « Maréchal nous voilà  ».

 

C'est sous la IIIème République, avec Léon GAMBETTA Président à la Chambre des Députés que fut décrété Fête Nationale, le 14 juillet 1879, ainsi que l'Hymne national de la Marseillaise.

C'est seulement en 1880, après approbation du Sénat que sera officialisée la première fête nationale du 14 juillet, ainsi que l'Hymne national de la Marseillaise.
En 1887, le Général BOULANGER, alors Ministre de la Guerre, nomma une commission de musiciens professionnels, et en approuva une version officielle. Version toujours en usage.

La Marseillaise a été reprise en maintes occasions sur les champs de bataille. Elle fut notamment chantée à Jemmapes le 6 novembre 1792, face à l'Armée autrichienne. En mai 1800, Napoléon Bonaparte la fit chanter au Mont Saint Bernard pour soutenir ses troupes lors de la Campagne d'Italie.

Le dimanche 17 novembre 1918, dans la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris, après la messe et les prières, Charles-Marie WIDOR joua la Marseillaise sur les Grandes Orgues, et les français présents à ce te Deum se mirent à chanter.

Le statut d'hymne national fut confirmé par les Constitutions de 1946 (IVème République) et de 1958 (Vème République) et enfin, repris dans son interprétation actuelle par le Président Valéry Giscard d'Estaing qui sous son mandat, en a fait diminuer le tempo, afin d'atteindre le rythme original.

En septembre 1944, une circulaire du Ministère de l'Éducation Nationale préconise de faire chanter la Marseillaise dans les écoles primaires, reprise par une loi du 23 avril 2005.
Sachez pour votre gouverne, que depuis le 24 janvier 2003, a été créé « le délit d'outrage au Drapeau français, et à l'Hymne national », délit pouvant être puni d'emprisonnement ou d'amende.
 
  • - Le 10 août 1795, ROUGET DE LISLE a été destitué de ses fonctions de capitaine, pour avoir protesté contre l'internement de Louis XVI, à la suite de la prise de la Bastille.
  • - Emprisonné sous la Terreur pour royalisme, il échappera à la guillotine grâce au succès de son chant.
  • - Il terminera sa vie dans la plus grande misère. Hébergé par un ami et ancien général, il vivra à Choisy-le-Roi, en banlieue parisienne, d'une modeste pension de la Légion d'honneur, accordée par le Roi des français Louis Philippe 1er.
  • - ROUGET DE LISLE est décédé le 26 juin 1836 à l'âge de 76 ans et a été inhumé au cimetière de Choisy-le-Roi.
  • - La translation de ses Cendres a eu lieu le 14 juillet 1915 où il repose désormais sous le Dôme des Invalides à Paris
 
Bernard TOUDIC – Président de la Section AMC Houdemont