La Ronchère, une cure d'air


Article paru dans le magazine Houdemont Information d'avril 2013


La Cure d'air

Récemment, à l’occasion d’une exposition ayant pour thème « Les petites propriétés remarquables de Houdemont », le Cercle d’Études Locales (C.E.L.) a fait découvrir dans le détail aux visiteurs, l’intéressant passé de la Ronchère.

La Ronchère :
Une cure d'air

La Ronchere vue de la rue de Nancy
 
Son Hoistoire en Bref...

Le lieu-dit Roinchère est connu depuis 1334.
La première trace d’une construction figure dans un acte notarié de 1742.
Dans un acte de 1766, la propriété y est décrite avec ses jardins, vergers, vigne, bois, étang, sa maison de maître, sa ferme, etc.

La Ronchère n’intéresse pas que le C.E.L., puisque L’association a été contactée par une Universitaire d’Alsace. Grâce à internet, un réseau de chercheurs, Allemands, Autrichiens, Français, a découvert l’existence de la Ronchère au cours de leurs recherches concernant un illustre chorégraphe et théoricien de la danse : Jean-Georges Noverre.
Jean-Georges Noverre directeur des spectacles et Maître de ballet du Duc de Wurtemberg, passait six mois par an dans sa campagne de la Ronchère. Il l’avait acquise, de Nicolas Puiseur en 1766, il en restera propriétaire jusqu’en 1776. On lui doit de nombreux embellissements tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’immeuble.

En 1857, un incendie la détruit presque entièrement. Elle est reconstruite par le Grand Séminaire entre 1857 et 1873. A partir de 1874, elle abrite des prêtres Rédemptoristes(1) qui feront beaucoup de bien aux pauvres de la commune.

En 1908, M. Nicolas Muller et son fils Paul, ouvrent un restaurant à la Ronchère. C’est le début de la « Cure d’air ».
Par la suite, M. Lullin, beau-frère de M. Muller achète la propriété et continue à recevoir les Nancéiens qui souhaitent se reposer, se distraire, se ressourcer, respirer le bon air - pour 6 francs par jour, chambre comprise.
On y vient aussi le soir, pour dîner après les représentations de l’Opéra.

En 1931, la commission des Hospices Publics de Nancy acquiert la Ronchère pour y faire un hôpital complémentaire de 60 lits – l’hôpital central étant saturé.

En 1987, le Centre hospitalier décide de se séparer de la Ronchère, la Commune achète la propriété, garde le parc et vend le bâtiment à un promoteur immobilier.

Souvenirs

Reine Mentrel, ancienne employée de l’établissement, a bien voulu nous confier quelques-uns de ses souvenirs :

« J’ai travaillé 25 ans à la Ronchère, alors annexe du Centre Hospitalier de Nancy qui accueillait des personnes âgées en convalescence ou en retraite, principalement des Religieuses.
Le service était assuré par du personnel soignant de
Saint-Charles. Beaucoup de Houdemontaises travaillaient dans l’établissement, les unes comme moi pour assurer les soins, d’autres à l’entretien ou au service.
L’Abbé Margalet, aumônier de l’établissement, assurait les offices religieux et régulièrement jouait du violon pour distraire les pensionnaires et le personnel.
 
Une fois par mois, André Lhuillier venait pour projeter un film. De temps à autre, les enfants des écoles rendaient visite aux malades. Une grande partie des fruits et légumes en saison provenait des jardins soigneusement entretenus par Monsieur Bonne, notre jardinier.
L’étang au fond du parc était alimenté par le petit ruisseau de la fontaine des joncs, l’eau était fraîche, il y avait même des truites.

Les déchets, pour la plupart, étaient détruits sur place, les matières organiques dans une sorte de composteur naturel et les autres dans un four à déchets.
Mes collègues : Madame Bréquel, Jeannine Mangin,
Madame Drie, Rolande Bourdonnet, Lucia Pagliéro (Mère de Daniel Pagliéro) et plus tard Claude Pagliéro,Raymonde Sacchet, Madame Lhuillier, Madame Renaud, Dominique Burger et Nadine sa sœur, Simone Kobe. Avant que j’arrive : Marguerite Pagliéro y avait aussi travaillé.
Lorsque le CHR a cessé son activité à la Ronchère, le personnel aurait bien voulu racheter la propriété, mais c’était trop cher. Nous avons renoncé à notre projet. La Ronchère, c’était fini pour nous.

(1) Ordre religieux fondé par Saint Alphonse de LIGUORI (1696-1787)