Marguerite et Georges Pagliero

 

Article paru dans le magazine Houdemont Information de juin 2005

Marguerite et Georges Pagliero ont respectivement 87 et 92. Ils vivent à Houdemont depuis toujours, se sont investis dans le paysage associatif local et ont été les témoins de l'évolution de notre commune. Ils nous ont reçus en compagnie de leur fille aînée Georgette.

68 ans de mariage
à
Houdemont
 
Georges Pagliero est venu habiter Houdemont à l'âge de 5 ans avec son père et sa soeur Emilienne, suite au décès de sa mère en 1918. «Ma mère, comme beaucoup cette année-là, a succombé à l'épidémie de grippe espagnole». Mathieu Pagliero, son père avait rencontré la dame qui tenait le café de Houdemont rue de la Gare et est venu s'y installer. De ce second mariage est né Gaston qui a ensuite donné naissance à Michel et Daniel, bien connus à Houdemont.
«J'ai été à l'école des garçons jusqu'à l'âge de 13 ans. J'ai dû mettre fin à ma scolarité au l'ordre, qui correspond au BEPC actuel, car mes parents ne pouvaient pas financer nos études. Plus tard, de ma propre initiative, j'ai appris la sténodactylo à l'école Pigier, puis je suis rentré à la SNVB rue des Dominicains. Le travail était très diversifié, nous n'avions pas de spécialité comme maintenant.». Georges a ensuite travaillé à l'aciérie de Neuves-Maisons en tant que comptable.
Madame Pagliero est une Houdemontaise pure souche. «J'ai passé toute ma vie ici. Je suis née juste après la guerre, ma mère me répétait sans cesse: « Tu es le bouquet de la victoire». J'étais scolarisée à l'école libre des filles qui se trouvait rue des Jardins. Il reste aujourd'hui à Houdemont deux de mes anciennes camarades de classe, Madeleine Michel et Marguerite Berbain». Marguerite devait apprécier la rue des jardins car elle y a longtemps travaillé. A l'époque, il s'y trouvait une usine où l'on mettait de la laine en écheveaux.
Lorsque Marguerite et Georges avaient 20 ans, Houdemont ne comptait que 150 à 200 habitants. «Nous nous sommes rencontrés le jour du mariage de Marguerite Berbain qui nous avait désigné comme cavaliers respectifs»  explique Madame Pagliero. «Nous nous sommes mariés en janvier 1937 ; il faisait beau ce jour-là», ajoute son époux. Georgette est née le 29 mai 1938. Sa date de naissance est mémorable, car elle représente la célébration de la première Fête des Mères.
Georges a été réquisitionné en 1939 dans le 69ème régiment d'infanterie et n'est revenu qu'à la fin de la guerre. «En 1940, les Allemands nous ont attrapé dans les Vosges. Nous avons été emmenés à Colmar, puis nous sommes restés un mois et demi à Strasbourg dans un camp. Ensuite, on nous a embarqués sur des  péniches. Nous étions entassés à 2500 sur un qui pouvait contenir 500 personnes. Les commandos tiraient au sort l'affectation. Je suis resté à Hambourg jusqu'à la fin de la guerre. J'ai fait une tentative d'évasion ratée, pour laquelle j'ai été bien puni...».
Les Pagliero ont vu Houdemont se transformer. «La ville a bien changé. Le goudron n'existait pas. Les chemins étaient empierrés puis tassés par machine à vapeur. Cela n'était pas très efficace car au premier mouvement toutes les pierres se désassemblaient», raconte Georges en riant. «Le village s'est modifié en plusieurs vagues de construction. La première près du monument aux morts, ensuite vers 1950 on a vu bâtir les maisons le long de la rue de la gare et ainsi de suite jusqu'aux Egrez».
«Nous avons aussi vécu la mise en place de l'autoroute. Ce chantier a mis plus de 20 ans à se réaliser. Les travaux avaient démarré avant la guerre. On s'en souvient bien puisque nous devions nous mettre à l'abri des explosions», ajoute Georgette. «Autrefois, à Houdemont il y avait 3 châteaux et 3 moulins. On y faisait de l'huile de noix, de colza et de faine (fruit du hêtre). Il y en avait partout, j'allais les ramasser lorsque j'étais petite», explique Georgette. «Enfant, j'ai été marquée par le nombre important de vieilles demoiselles, plus de 100 dans notre commune. De nombreuses femmes ne s'étaient jamais remariées car beaucoup d'hommes avaient péri à la guerre. Les moyens de transport étant limités, il n'y avait guère que le train, elles n'avaient pas l'occasion de faire des rencontres ». Le père de Georges Pagliero, a été Maire de Houdemont durant 16 ans, jusqu'à son décès en 1940. Il a entrepris de grands travaux. Grâce au don de la source du Fonteno par la Comtesse de Chambrun, il a organisé la distribution de l'eau dans la ville. «Au début l'eau était gratuite, ensuite pour seulement 30 francs par an, chacun disposait de toute l'eau qu'il souhaitait, explique Georges. Il a également mis en place les égouts et fait abriter les lavoirs pour que les femmes ne travaillent plus sous la pluie.Arrivés à la retraite, les Pagliero se sont investis dans le jardinage, l'associatif et les voyages car deux de leurs filles vivent loin de notre commune. En effet, Georgette habite en Californie et Françoise en Hollande. Aujourd'hui les Pagliero ont 6 arrière-petits enfants, dont le plus âgé a 22 ans. Nous aurons peut-être la chance d'être arrière-arrière grands-parents d'un petit américain conclut Marguerite avec émotion.
Etat civil :
Marguerite Pagliero née Boulard le 10/07/1918 à Houdemont
Georges Pagliero né le 03/05/1913 à Ludres
Mariés le 05/01/1937 à Houdemont.
3 enfants :
Georgette née le 29/05/1938.
Denise née le 19/12/1945.
Françoise née le 01/10/1948.
6 petits enfants.
6 arrières-petits enfants.